Ne commence déjà à m'imaginer sur mon vélo couleur « abeille » te porter cette lettre dans le silence, je m'en trouverai extrêmement con. Aie plutôt des images de moi-même, fumant une cigarette au-dessus de ce pont apaisant. C'est agréable, n'est-il pas ? Bon, j'en doute en fait, mais ne partons pas dans des dévalorisations incessantes et fastidieuses. Je t'épargnerai, du moins j'essayerai, toute ma sombre partie ennuyeuse voire inutile. Oui, tu peux songer qu'il ne reste plus grand chose...
Je crois que tu commences à connaître, je ne sais pas écrire ou du moins faire transparaître l'allégresse de ce monde, je ne sais écrire, simplement. Mais je t'en supplie ne pose alors pas cette idiote question sur la raison de cette lettre, tu la connais...
Je suis vague, je suis ailleurs, je divague. Quelques « brides de vie » uniquement me sont indispensables malgré ma volonté de m'accrocher aux moindres prises pour peindre cette vie éphémère le plus longtemps possible. Celles-là, encore, tu les connais...
J'en ai tiré cette conclusion aujourd'hui :
Sans son propre soleil, il ne fera jamais beau. En me sous mettant au fait des autres que la pluie n'est pas le beau temps. C'est dur... Cependant, j'en suis vite arrivé à cette seconde conclusion bien plus torturante :
Le soleil ne fait que nous brûler, nous ne pouvons l'attraper. Arrive enfin la lueur de cette lettre. En effet, j'aime à croire, par obstination, que je l'aurais ce soleil, il saura faire bouillonner mon c½ur nous permettant de fusionner. Enfin là aussi, un rêve, sûrement, tu connais...
Interrogations, volonté d'extravagance, rêveries, symbiose de ce que nous sommes ?
Peu importe, finissons en, admettons le. Qu'importe et vivons heureux.